Réalisateur, chef-opérateur et enseignant de cinéma documentaire. Co-fondateur de l’Association Addoc (Association des cinéastes documentaristes) en 1992. Enseigne la pratique du cinéma documentaire aux Ateliers Varan et à la Femis.
Patricio Guzmán, archipel de la mémoire
Yves de Peretti
Les deux derniers films de Patricio Guzmán, Nostalgie de la lumière (2010) et Le Bouton de nacre (2015) dessinent une évolution marquante dans la filmographie du cinéaste, en attendant le troisième volet de ce triptyque qui appréhende le Chili à partir de sa géographie : le désert d’Atacama, la mer et enfin la cordillère des Andes, cette épine dorsale d’un pays si étendu en longueur qu’il est difficile à représenter…
Paru dans La Revue Documentaires n°28 – Disparition(s)
Mafrouza, la vie d’entre les morts
Yves de Peretti
Dans le quartier Mafrouza à Alexandrie, ancienne nécropole gréco-romaine devenue bidonville, on sait raconter des histoires, se mettre en scène, rire de soi-même, s’adresser au monde comme si on était au théâtre, chanter, danser avec volupté, et bien sûr faire la fête toute la nuit. La caméra d’Emmanuelle Demoris est happée par cette énergie communicative et participe à cette danse de la vie à laquelle les habitants de Mafrouza l’ont conviée. Elle nous raconte le quotidien de ce quartier, au plus près de personnages qu’elle s’est choisis et qui sont devenus ses amis.
Paru dans La Revue Documentaires n°29 – Le film comme forme de vie ?
Le Réel, archéologie d’un festival
Yves de Peretti
Imaginons qu’à la suite d’un cataclysme provoqué par la démesure humaine, on oublie pendant quelque temps le Cinéma du réel. Et que des archéologues du futur mettent la main dans un siècle ou deux sur les archives de ce festival de films documentaires qui s’invente à la fin des années 1970, soit un amas de catalogues, des affiches, des programmes, des photographies, des listes de films, des interviews, peut-être quelques copies de films intactes dans des boîtes rouillées, voire d’étranges coffrets renfermant des suites interminables de 0 et de 1. Ces savants essaieront de déchiffrer notre époque à partir des traces laissées par 45 éditions du festival.
Paru dans La Revue Documentaires n°33 – Programmer
À propos des trois versions de « Terre d’Espagne » de Joris Ivens
Yves de Peretti
« Il est impossible au réalisateur d’un documentaire de mentir, de ne pas être dans le vrai. La matière ne supporte pas de trahison : un documentaire nécessite le développement de la personnalité humaine du cinéaste puisque la personnalité seule de l’artiste le distingue de l’actualité quelconque, de la simple prise de vue. » Cette profession de foi de Joris Ivens en 1931 nous concerne aujourd’hui au premier chef. La vérité du cinéaste contre l’image-leurre. Face aux travestissements de l’information-spectacle, le cinéaste oppose la rigueur de sa position morale, son investissement total d’être humain dans la réalisation du film.
Paru dans La Revue Documentaires n°34 – Terrains